« En avant la musique! | Page d'accueil | SON DU MOMENT : Quelqu'un de l'intérieur »

18 novembre 2005

Création graphique

 

medium_toile.jpg

 

Non ! Ce n’est pas un plagiat d’un monochrome de… de… merde alors ! c’est quoi son nom déjà… … … bon, c’est pas grave… vous voyez mieux que moi de qui je veux parler… et puis de toute façon, c’est pas ça !… c’est beaucoup plus élaboré que ça voyons ! C’est vrai que ça ne se voit peut-être pas aux premiers abords, mais il y a eu beaucoup de boulot avant d’arriver à un tel résultat. Heureusement, je prends la peine de vous l’expliquer, de vous dévoiler les secrets de cette toile…

Ce tableau est une représentation fidèle d’un paysage arctique. Mais, si ! même qu’il représente un ours blanc sur la banquise… et il faut avouer qu’il m’a donné pas mal de fil à retordre cet ours. Vu que je ne suis pas très doué en dessin, j’ai eu beaucoup de mal à garder les bonnes proportions pour ses membres. En faisant des efforts, et avec des modèles (photos, dessins de pro) j’ai pu me débrouiller, mais la galère n’était pas finie pour autant… car il restait à mettre les couleurs ! Et là, ce n’était pas du gâteau pour rendre de manière réaliste toutes les nuances de blancs de chacun de ces poils. Heureusement, j’ai quelques bagages théoriques, et je me suis donc basé sur trois grandes nuances : le blanc, le moins blanc que blanc, et… le plus blanc que blanc, communément appelé le « blanc homo » (ou blanc « lessive », mais là, je ne vois pas le rapport !). J’en ai vraiment chié avec tout ces blancs, surtout pour garder une harmonie des couleurs et une homogénéité du tableau.

Ensuite, toujours pas soucis de réalisme, j’ai décidé de recouvrir les griffes et la truffe de mon ours par du givre… également blanc. Là encore, ce n’était pas une mince affaire… quoique si ! car c’est justement parce qu’il s’agissait de détails minces que j’ai pu m’en sortir. Mais pourquoi s’embêter avec du givre, me diriez-vous ? Tout simplement, pour rendre réaliste la tempête de neige dans laquelle mon ours est perdu. Eh oui ! Un ours polaire peut se perdre dans une tempête de neige. Faut dire aussi que je ne voulais pas une petite tempête. Du coup, c’est pas une tempête de PD, oh non ! C’est une énorme tempête dans laquelle les flocons de neige gelés sont à peine dissociés les uns des autres de telle sorte qu’on pourrait croire que c’est la banquise entière qui s’envole ! Dans cet enfer blanc, la visibilité est si réduite que le seul élément distinctement visible est… le vent… incolore et transparent ! Et me voilà de nouveau devant un défi graphique : comment rendre cette invisibilité ? Le plus simple serait d’utiliser une peinture incolore… … … un vernis ? oui ?… mais non ! Un verni donne un aspect brillant, et je n’ai encore jamais vu de vent brillant. J’étais devant une impasse technique… puis une simpletissime mais géniale idée m’est venue : utiliser l’air comme peinture… mode d’emploi : tremper son pinceau dans l’air, enlever le surplus d’air par un mouvement brusque du pinceau (Attention à ne pas se tâcher, d’autant plus que les tâches d’air sont traîtres au possible… car on ne les voit pas !), barbouiller énergétiquement la toile avec toute la largeur du pinceau, attendre quelques minutes que ça sèche (Attention, ne pas souffler… sinon ça séchera moins vite !), et c’est tout. Le résultat de cette technique ne fut pas évident à voir, je dois l’avouer. Cependant, après une intense auto-persuasion, j’ai réussi à apercevoir une différence…infime… et donc pas suffisante. J’ai alors essayé une autre technique : étendre la toile au vent (du nord, du sud, ou de l’ouest suivant l’effet désiré) en espérant qu’elle s’imprègne de ce dernier. Là, je n’avais pas du espérer assez fort… car encore une déception. Mon tableau n’était vraiment qu’à peine plus venté. J’avoue, ici, ne pas avoir réussi à donner l’effet souhaité… et même si ce que je vous raconte là n’est que du vent, ça n’a pas suffit à aérer mon tableau surchargé de blanc.

Devant cette déception d’ordre technique, j’ai voulu compenser en donnant plus de symbolique à cette œuvre ; d’où la présence d’un igloo dans l’arrière plan. Celui-ci représente la domination humaine du monde par sa présence même dans des milieux des plus hostiles. Oui, en effet, il faut vraiment s’approcher du tableau pour l’apercevoir. Je l’avoue, il est assez difficile à deviner en arrière fond… dans le brouillard. Et c’est plutôt normal car il faut préciser ici que, contrairement au vent, j’ai sacrément bien réussi mon effet brouillard. Là encore, je me suis creusé la tête pour trouver la bonne technique. Résultat d’une réflexion poussée : le brouillard étant généralement de la vapeur d’eau, j’ai créé mon brouillard avec… de la vapeur d’eau ! pas con le mec là , non ? Pratiquement, il suffit de prendre une grande poêle, un peu d’eau dedans, le tout sur le feu, t’attends l’ébullition et tu utilise la toile tendue comme couvercle ! Et là, ça marche du tonnerre ! (Mais attention à ne pas former d’éclair au risque de cramer la toile !) La diffusion de la vapeur d’eau à travers ce couvercle pas banal donne un superbe effet brouillard… un brouillard à couper au couteau (Attention à ne pas couper la toile !) à tel point qu’il rend toutes formes indiscernables. Un effet vraiment magique !

Voici le secret de ce tableau : le souci du détail et des nuances subtiles de couleurs masqué par… de la flotte ! Et au final, ça donne une œuvre à la richesse technique et picturale insoupçonnée.

Il ne restait plus qu’à mettre en valeur cette apparente simplicité visuelle par un cadre… simple. Là, cette fois-ci, je ne me suis pas embêter à réfléchir, pas de creusage de tête, ni galère, ni fil à retordre : un simple cadre noir uni fera l’affaire.

Voilà ! J’espère que cet éclairage (c’est au moins du 500 watt !) sur la création de cette œuvre vous aura… ébloui… sauf si vous portez des lunettes de soleil devant votre écran, bien entendu ; mais là, mes lumières ne peuvent alors plus rien pour vous…

 

lechil

11:50 Publié dans Mais d'où ça sort ça! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

Commentaires

Je crois que c'est un monochrome de Whiteman!

Ecrit par : PABLO | 19 novembre 2005

Mais NON! J'ai dis que c'était pas ça!!

Ecrit par : lechil | 19 novembre 2005

Pauvre ours... Heureusement, tu as réussi à insérer une note d'espoir avec ce pingouin qui guidera Nounours. Mais si, là, coincé entre deux pixels blancs ! T'y es pas ? Regarde-donc là : http://misterretsim.hautetfort.com/images/bravemrpenguin_2.jpg

Ecrit par : MisteR RetsiM | 19 novembre 2005

LOL
il a pas peur ton pingouin! Si j'étais l'ours, je le boufferai rien que pour m'avoir réveillé de la sorte.

Ecrit par : lechil | 19 novembre 2005

C'était juste pour citer le peintre!
Je sais bien que ce n'est pas un monochrome de ce peintre étant donné que c'est plutôt un tableau blanc qui comporte trois lignes blanches en diagonale de Reza ;-)

Ecrit par : PABLO | 19 novembre 2005

Superbe morceau de bluegrass,merci pour ca et pour toutes ces pensées lechiliennes.
C'est marrant, ce lechil, j'ai l'impression de le connaitre comme si je l'avais fait!!!!!!!!!!!
Au fait, le fameux blanc léssivé, c'est omo et non homo car c'est une lessive sans hash!

Ecrit par : pamiche | 02 décembre 2005

Bien marrante la chronique, ça donne envie de replonger dans l'art contemporain. On se dit que ça doit pas être si difficile que ça, finalement, de voir des paysages enneigés dans un monochrome blanc - suffit d'un peu d'imagination, comme dans ton texte! Bises d'une Sblorfeuse ;)

Ecrit par : lolita | 17 janvier 2008

Ecrire un commentaire